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Dominique Kubler « La magie du ruisseau »

Paru en 2015

Editions Le temps présent / JMG Editions

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Il y’a déjà quelques années, alors adolescent féru de lectures fantastiques, je voulais croire à l’existence des êtres de la nature, gnomes, fées, farfadets et autres lutins malicieux qui composent ce que l’on appelle le Petit Peuple. Doux rêveur, éternel insatisfait d’une réalité qui ne me seyait guère, je préférais laisser mon esprit vagabonder dans le monde de l’invisible, dans cet « univers autre » synonyme de magie et d’émerveillement. Et puis, les années passant, le train-train et la gestion du quotidien vous ramènent froidement vers une réalité matérielle et pragmatique qui ne laisse que très peu de place à ce que l’on ne peut pas appréhender à l’aide des cinq sens auxquels nous sommes, bon gré mal gré, restreints.

Cet ouvrage de Dominique Kubler est de ceux qui réouvrent les portes de l’imaginaire et vous rappellent combien le monde qui nous entoure est peuplé de mystères et de merveilleux pour peu qu’on laisse à son esprit la liberté de s’ouvrir à l’inconnu.

« La magie du ruisseau » est avant tout un recueil de photos prises dans la nature. Ces clichés saisis au fil de l’eau dévoilent la manifestation des élémentaux, des êtres ambassadeurs de leur élément (les gnomes pour la terre, les salamandres pour le feu, les sylphes pour le vent et les ondines pour l’eau). Ainsi, apparaissent sur la pellicule de Dominique Kubler des formes et des reflets aquatiques au travers desquels nous pouvons deviner tantôt la silhouette d’une ondine majestueuse, tantôt le visage d’un gnome espiègle ou encore les traits d’un dragon.

Coupons l’herbe sous le pied aux détracteurs en embuscade et précisons bien que Dominique Kubler n’a pas la prétention de nous présenter des photos démontrant de façon concrète et irréfutable l’existence matérielle de ces êtres de la nature. Partant du postulat que les élémentaux ont la capacité d’agir sur leur milieu, il nous dévoile des clichés au travers desquelles ceux-ci se manifestent en interagissant avec les éléments pour leur donner forme et ainsi rendre intelligible à nos yeux leur présence. Certains irréductibles cartésiens crieront à la paréidolie, une illusion d’optique qui consiste à associer un stimulus visuel ambigu à un élément identifiable, et ils ont peut-être raison. Pour ma part, je préfère laisser une place de choix dans mon esprit à l’interprétation que nous en donne Dominique Kubler.

Je vous parlais, en préambule de cette chronique, de mon intérêt prononcé, lorsque j’étais plus jeune, pour tout ce qui touche aux êtres élémentaires. Le moment me semble tout indiqué pour partager avec vous une expérience vécue lors de ma 17ème année. Faisant du camping sauvage au fin fond d’une forêt de Haute-Loire avec quelques amis, nous avions décidé après une marche de plusieurs heures de poser notre tente à côté d’un ruisseau pour passer la nuit. Longtemps après avoir installé notre campement et allumé un feu autour duquel nous discutâmes et festoyâmes une majeur de partie de la nuit, j’eu l’incroyable surprise d’observer dans les flammes encore vives un petit dragon (pas plus grand qu’un chat) courir en cercles sur les braises. J’entends déjà, ici et là rire certains, et me soupçonner d’usage de quelques substances hallucinogènes mais je fus, cette nuit-là, convaincu d’avoir assisté à la manifestation d’une force invisible et joueuse.

Revenons maintenant à notre ouvrage puisqu’il ne s’arrête pas là. Une seconde partie de « La magie du ruisseau » aborde un autre aspect passionnant de la démarche de notre auteur puisqu’au-delà de ces visages et silhouettes que nous pouvons observés sur ses clichés, Dominique Kubler s’intéresse aux signes laissés par les reflets du soleil sur la surface de l’eau. Ces signes, ou aquaglyphes, se présentent sous diverses formes (lettres d’alphabets récents et anciens, chiffres arabes ou romains, symboles mathématiques, figures géométriques, …) et laissent champ libre à l’interprétation de messages que les êtres de la nature voudraient nous communiquer en modelant les éléments.

Autre approche de même nature et tout aussi surprenante, ces photos de reflets sur l’eau mettent à jour des formes qui ne sont pas sans rappeler les hexagrammes que l’on peut retrouver dans le Yi King. Le Yi King, ou Livre des mutations, est le premier des grands classiques de la culture chinoise. Il s’agit d’un ouvrage permettant, comme le tarot dans notre tradition occidentale, de questionner « Dieu » ou l’Univers et d’interpréter son message à travers des hexagrammes, figures compilant six traits pleins et brisés formant 64 combinaisons possibles. Pour faire simple et bref, le Yi King est un concentré de codes qui servent à faire comprendre l’Univers à l’homme. Je m’excuse par avance auprès de celles et ceux qui connaissent bien mieux que moi cet ouvrage et l’utilisation que l’on peut en faire. Définir le Yi King nécessiterait un article à lui tout seul aussi je vous invite à faire vos propres recherches à ce sujet, de nombreux ouvrages et sites internet vous éclaireront bien mieux que je ne saurais le faire.

Reprenons notre fil conducteur et revenons au travail de Dominique Kubler. Si l’on en croit ce qu’il échange avec nous dans ce livre, non seulement les élémentaux se manifesteraient pour peu que l’on veuille bien leur prêter attention mais ils nous délivreraient également des messages et informations qu’il nous revient de décrypter. Pour ma part, j’aime à dresser un parallèle entre ses travaux et le thème des synchronicités, ces messages qu’envoie l’Univers à celles et ceux qui lui en font la demande et qui restent suffisamment ouverts et attentifs pour les recevoir.

De même, je ne résiste pas à l’envie de dresser un autre parallèle, certes ambitieux mais selon moi pas dénué de sens, entre ce livre et les travaux de Daniel Harran sur les Crop Circles et leur conception qu’il attribue lui aussi aux être élémentaires. Si l’on prête aux élémentaux la capacité de modeler leur environnement dans le but de témoigner et communiquer, nous pouvons tout aussi bien envisager qu’ils en soient capables à grande échelle comme c’est le cas avec les agroglyphes. Je m’arrête là dans mes rapprochements et laisse à chacun la liberté de tisser les liens qui lui semblent pertinents.

La lecture de « La magie du ruisseau » aura été pour moi une parenthèse enchanteresse, un moment captivant, hors du temps et de notre dimension. Et quand bien même il ne vous convaincrait pas de l’existence des êtres de la nature, il est une plongée salvatrice dans un monde empreint de magie et de poésie.

Guillaume Hzt

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