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William Hope : Le photographe de Fantômes

Une remarquable collection de photographies a été déterrée dans une librairie de Lancashire par l’un des conservateurs du Musée national des médias. Ces photographies ont été prise par un médium controversé nommé William Hope, qui se disait capable de « communiquer » avec les esprits.

Né en 1863 à Crewe en Angleterre, Hope a commencé sa vie professionnelle comme charpentier, mais en 1905 il s’est intéressé à la photographie spirituelle après avoir capturé l’image supposée d’un fantôme alors qu’il photographiait un ami. En effet, ce jour-là, alors qu’ils se photographiaient l’un l’autre à tour de rôle et après avoir développé les photos, Hope a eu la surprise de voir sur l’une d’entre elle son ami et une forme fantomatique qui n’était autre que la sœur décédée de celui-ci. Hope crut comprendre alors qu’il avait la capacité de photographier les morts.

Peu de temps après cette expérience, il décida de mettre ses capacités au service des autres. Il fonda et dirigea un groupe de six « photographes d’esprits » connu sous le nom de « Circle Crewe »

Au début le groupe travaillait dans l’ombre et ils avaient pris l’habitude de détruire tous les négatifs par peur d’être accusés de sorcellerie. Cependant, lorsque l’Archevêque Thomas Colley, un passionné à la fois de surnaturel et de spiritisme, a rejoint le cercle pour avoir une photo de sa mère décédée, le groupe décida d’exposer ce cas publiquement.

Ironie du sort, lors de la création de cette photo, Hope se trompa dans les négatifs et intégra la mauvaise dame à la photo de l’archevêque. Lorsqu’il voulut confesser la supercherie à l’archevêque, ce dernier ne voulut pas croire que la dame sur la photo n’était pas sa mère. Sûr de l’avoir reconnue, il a même publié la photo dans un journal local afin de demander à tous ceux qui avaient connu sa mère s’ils la reconnaissaient également. Pas moins de dix-huit personnes ont reconnu Madame Colley, attestant ainsi qu’il s’agissait bien du fantôme de la défunte mère de l’archevêque. Suite à cette « réussite », la notoriété de William Hope et du « Circle Crewe » était lancée !

Après la Seconde Guerre mondiale, la demande pour ses services grandit considérablement. Beaucoup de parents en deuil de leurs enfants morts pendant la guerre ont vu en lui l’espoir de retrouver ne serait-ce qu’un instant le visage de leurs chers enfants.

En 1922, Hope a déménagé à Londres où il s’est imposé comme un professionnel de la communication spirituelle. Le travail du « Circle Crew » a été étudié à plusieurs reprises, la contre-enquête la plus célèbre aura lieu en février 1922, lorsque la Société pour la Recherche Psychique (SPR) a envoyé Harry Price (un prestidigitateur et chasseur de fantômes) pour infiltrer le groupe et enquêter sur les travaux de Hope. Price dit avoir pu constater que Hope utilisait des plaques de verre portant des images fantomatiques pour produire ses photographies spirituelles. Plus tard, la même année, Price a publié ses conclusions dans le numéro de mai 1922 du « Journal of the London SPR » sous le titre « Lumière froide sur les phénomènes spirituelles » qui établissait l’escroquerie de Hope. Cependant, le doute s’est installé pour savoir si c’était Price qui avait introduit ces plaques falsifiées pour discréditer les travaux de son « concurrent » où s’il avait bien trouvé ces plaques sur place.

Malgré cela, beaucoup parmi les partisans les plus ardents de Hope ont continué à le soutenir, le plus célèbre étant Sir Arthur Conan Doyle qui a écrit « The Case for Spirit Photographe » en réponse aux conclusions de fraude de Harry Price et dans lequel il dénonce les méthodes de Price. Lui et les journaux spécialisés dans le spiritisme ont accusé Price de ruse et d’avoir modifié les plaques intentionnellement dans le but de discréditer tout le milieu.

Plus de 11 ans après cet incident, la veuve d’un homme qui a travaillé pour Hope a admis dans un article que, après la séance avec Price, son mari a fouillé dans la sacoche de Hope et « a trouvé dans une valise une lampe flash, des découpes de têtes photographiques et quelques poils ». Malheureusement, ces preuves dévastatrices auraient été supprimées en 1922.

Hope a également été soutenu par Sir William Crookes et Sir William Barrett. Beaucoup ont soupçonné qu’ils avaient pourtant été victimes de la supercherie de Hope. Le physicien venait tout juste de perdre sa femme lorsqu’il demanda à Hope de le prendre en photo. Son assistant de l’époque, JH Gardiner, dit dans la biographie de Crookes que le négatif de Lady Crookes, à partir de laquelle la photo de Hope été reproduite, a montré des signes clairs d’une double exposition mais que Crookes a préféré l’ignorer.

Le Révérend Charles Tweedale qui possédait une maison hantée dans la ville de Otley dans le Yorkshire a fait figurer Hope en bonne place dans l’un de ces livres où il aborde la Vie après la Mort. Dans ses écrits, Tweedale déclare qu’il n’y avait pas de fraude évidente dans ‘la majorité des cas’, en prenant pour exemple les nombreuses personnes qui venaient le voir à l’improviste voir même avec des identités secrètes et qui ont obtenu des images claires et reconnaissables de leurs défunts. Un de ces cas était celui de Mme Hortense Leverson qui est venue voir Hope et qui a reçu la photographie psychique de son mari récemment décédé, le major Leverson. Elle était absolument convaincue que la photographie était légitime. Elle, ainsi que des dizaines (voire des centaines) d’autres, ont attesté de l’authenticité des photos de Hope.

Ainsi et malgré ses nombreux détracteurs, William Hope avait également énormément de soutiens prestigieux ce qui lui a permis de continuer « à pratiquer » jusqu’à sa mort le 7 mars 1933.

William Hope avait-il vraiment un don pour photographier les esprits ? Sa première photo ‘étrange’ était-elle déjà le résultat d’une fraude ou était-elle la seule à avoir été authentique ? Est-ce que tous les ‘clients’ de Hope devaient avoir sur eux une photo de leur défunt avant de venir le voir et est-ce que Hope se trouvait en possession de ces photos lorsqu’il faisait les développements dans la chambre noir auquel cas il aurait en effet pu manipuler ces dernières. Cela expliquerait la double exposition tout en annulant l’explication émise par le révérend Charles Tweedale car alors, Hope n’aurait pas eu le besoin de connaître ses ‘clients’ pour leur apporter une photo de leurs défunts ; il lui fallait juste une photo du défunt comme base de travail.

Hope était-il plus complexe que ce que nous pourrions penser ? Avait-il parfois de réels résultats et trafiquait-il seulement certaines photos où il n’y avait pas d’apparitions ‘naturelles’ pour être certain de répondre aux attentes chargées d’espoir et d’émotions de chacun de ses clients ?

Une chose est sûre, William Hope, le photographe de fantômes, a laissé derrière lui un bon nombre de questions mais surtout une multitude de mystères. Ses œuvres sont aujourd’hui conservées au National Media Museum de Bradford en Angleterre et laissent à chacun la possibilité de se faire son propre avis.

Nora Houzet

 

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